Node.js, c’est un peu le couteau suisse du développement backend en JavaScript. C’est rapide, performant, et son modèle asynchrone simplifie vraiment les choses une fois qu’on a compris comment tout fonctionne. Sans oublier l’écosystème ultra-riche qui gravite autour de la plateforme.
De prime abord, on pourrait croire que sa prise en main est simple, mais en réalité, qu’on soit débutant ou confirmé, plusieurs pièges « classiques » attendent les développeurs. Et croyez-moi, je suis moi-même tombé dedans 😅.
Dans cet article, je vous propose de passer en revue les erreurs les plus fréquentes que l’on rencontre en développant avec Node.js. Nous verrons également comment les éviter grâce à quelques bonnes pratiques qui font vraiment la différence en production.
Alors là, c’est le classique des classiques. Node.js doit une bonne partie de sa puissance à l’asynchrone, mais c’est aussi exactement à cet endroit qu’on fait les plus grosses erreurs.
Le scénario le plus courant ? On oublie simplement de capturer les erreurs. Soit on zappe le try/catch quand on utilise async/await, soit on oublie de chaîner un .catch() sur nos promesses. Et forcément, ça finit par coincer.
Regardez un peu ce bout de code :
Ça a l’air innocent comme ça, non ? Mais si jamais l’appel Product.findById plante, alors votre application va crasher. En environnement de production, le timing ne pourrait pas être plus mal choisi. 😬
La bonne nouvelle, c’est que la solution est très simple. Il faut penser à encapsuler systématiquement son code dans un try/catch. Comme ici :
Et voilà, c’est réglé. Un petit conseil au passage : si vous utilisez Express (le framework Web standard de Node.js), pensez à mettre en place un middleware centralisé pour gérer les erreurs. Ça vous évitera de répéter des try/catch un peu partout dans votre code.
Vous savez que Node.js repose sur une boucle d’événements, l’event loop ? C’est elle qui permet à tout de tourner de manière fluide, qui donne cette impression que tout se passe en même temps alors qu’en réalité, tout est géré sur un seul thread. Bref, c’est un peu la cheffe d’orchestre de votre application.
Le souci, c’est qu’on peut facilement la bloquer sans s’en rendre compte. Imaginez que vous mettiez une boucle infinie ou que vous lanciez un calcul super lourd directement dans le thread principal :
Et là, résultat 😱 : tout le serveur se fige, comme paralysé. Plus aucune requête ne passe. C’est un peu comme si vous mettiez un camion en travers d’une autoroute : tout le monde attend et personne n’avance.
Pour éviter ça, la règle est simple : déportez les calculs lourds. Pour ça, vous pouvez utiliser le module worker_threads.
Et pour les tâches planifiées ou celles qui tournent tranquillement en arrière-plan, il existe des outils comme Bull (gestionnaire de files d’attente basé sur Redis) ou Agenda (planificateur de tâches pour MongoDB) qui font très bien le job. De cette manière, votre event loop reste libre pour gérer les requêtes des utilisateurs qui, eux, préfèrent quand ça va vite.
Ah, les callbacks… 😅 À l’époque, c’était la façon standard de faire avec Node.js. Mais aujourd’hui, soyons honnêtes, ça nous complique la vie plus qu’autre chose.
Vous voyez ce genre de code ?
Bon, ça encore, ça passe. Mais attendez de voir ce qui se produit dès qu’on empile plusieurs opérations asynchrones :
Bienvenue dans le fameux « Callback Hell ». Avouez que c’est illisible 🤯. Et quand il faut déboguer cette horreur, bon courage…
Heureusement, on a maintenant les promesses et async/await, et franchement, ça change tout. Le même code devient beaucoup plus clair :
C’est propre, c’est moderne, c’est lisible. Les callbacks, c’est vraiment de l’histoire ancienne. À moins d’avoir à maintenir une vieille librairie poussiéreuse, vous pouvez les oublier sans regret.
Imaginez un peu : un utilisateur envoie un âge de -1 000 à votre API. Et vous, vous acceptez ça sans aucune vérification ? Ça paraît absurde, et pourtant, c’est exactement ce qui arrive quand on ne valide pas les données entrantes.
Le code sans contrôle, ça donne ça :
La bonne approche, c’est de toujours valider ce qui arrive. Heureusement, il existe des librairies super pratiques pour ça : Joi, Yup ou Express-validator. Personnellement, j’aime bien Joi. Voici à quoi ça ressemble :
Et voilà, maintenant, si quelqu’un essaie de vous envoyer des données un peu bizarres, vous le bloquez directement. Votre logique métier reste propre et les utilisateurs malveillants peuvent aller voir ailleurs.
Autre truc qu’on voit beaucoup trop souvent : des développeurs qui se contentent de petits console.log() éparpillés dans le code… ou pire, qui ne loguent carrément rien du tout en production. 🤯
Et le jour où un problème survient, bonne chance pour comprendre ce qui s’est passé.
La bonne solution, c’est d’utiliser un système de log digne de ce nom. Winston ou Pino (bibliothèques de logging Node.js) font très bien le boulot. Et pour le monitoring, on peut brancher des outils comme Prometheus (collecte de métriques) avec Grafana (visualisation de données), ou carrément un APM (Application Performance Monitoring) comme Datadog ou New Relic (solutions tout-en-un de monitoring de performance applicative) si vous avez le budget.
Voici un exemple rapide avec Winston :
Rien de compliqué, mais ça change complètement la donne quand vous devez diagnostiquer un problème en production.
En résumé, Node.js, c’est vraiment une technologie ultra-puissante. Mais sans les bonnes pratiques, les petites erreurs s’accumulent vite et, finalement, cela impacte la performance, la sécurité et la stabilité de votre application.
Vous pouvez facilement vous retrouver à planter l’event loop, laisser passer des données invalides, ou perdre des heures à essayer de déboguer du code avec des callbacks imbriqués sur dix niveaux.
Retenez surtout ces cinq points :
En appliquant ces conseils dans vos projets, vous développerez des applications Node.js qui sont robustes, qui scalent bien, et surtout qui sont maintenables sur le long terme.
Crédit photo : Yumi mini