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SEO : Google tente de réagir avec son Core Update de mai 2026

Rédigé par Ludivine Retourné | 3 août 2026

Chaque mise à jour de l’algorithme de Google est scrutée par la communauté SEO, mais celle de mai a sans conteste eu un goût très particulier.

En effet, le dernier Core Update n’était pas une simple mise à jour de routine, puisqu’il est intervenu dans un contexte où Google tente de défendre son moteur de recherche face à la montée en puissance des agents de recherche IA (ChatGPT, Claude, Perplexity, etc.). Pendant plusieurs semaines, les positions de nombreux sites ont donc fluctué violemment, certains ayant même disparu des radars, au point de forcer experts et entreprises à réviser leurs analyses et, surtout, leurs stratégies.

Analyse d’un algorithme sous pression.

Core Update mai 2026 : synthèse d’un déploiement sous tension

Google a lancé son Core Update le 21 mai 2026 et l’a achevé le 2 juin 2026, soit un déploiement de 12 jours (deux jours de moins que les deux semaines annoncées initialement). Si le calendrier est proche de celui du précédent Core Update de mars, l’impact sur le classement de Google est tout aussi marqué pour de nombreux sites Web.

Et les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Sur le Core Update de mars, soit la référence la plus proche pour calibrer l’analyse, SE Ranking avait mesuré un basculement de 79,5 % des URL présentes dans le top 3. Quant au Core Update de mai, les données récoltées concluent que 76,03 % des URL en top 3 ont une fois de plus changé de position.

Depuis le début de l’année 2026, Google bouscule son moteur de recherche comme jamais auparavant, en plus de rendre le travail des experts SEO bien plus difficile. La stabilité de la SERP n’est presque plus qu’un vague souvenir.

 

Un Google sur la défensive face à la force de frappe de l’IA

En toute logique, plusieurs types de sites Web ont particulièrement été touchés par le déploiement du Core Update de mai.

C’est par exemple le cas du secteur du jeu d’argent en ligne, catégorie hautement YMYL (« Your Money, Your Life », ou en français « Votre Argent, Votre Vie », un critère de classification made in Google), qui a été directement impacté par cette vague de volatilité. De même, les secteurs de la finance, de la santé et de la justice, également classés YMYL, figurent parmi les plus exposées à chaque nouveau Core Update (celui de mai n’ayant pas fait exception). Enfin, les plateformes d’agrégation de contenus, qui collectent des contenus tiers, ont, elles aussi, enregistré des changements majeurs.

Google met donc les petits plats dans les grands pour garantir la qualité des pages proposées par son moteur de recherche. Et pour cause !

Selon le baromètre trimestriel de DataDome, entreprise spécialisée dans la protection contre les bots et les agents IA, son réseau a traité 17,7 milliards de requêtes provenant d’agents IA au deuxième trimestre 2026, contre 12,2 milliards au trimestre précédent, soit une hausse de 45 % en trois mois seulement.

Par ailleurs, la répartition entre acteurs de l’IA a de quoi surprendre.

Meta prend effectivement la tête du trafic IA sur le Web, grâce à ses agents Meta-ExternalAgent et Meta-WebIndexer, en progression respective de 74 % et 163 % sur le trimestre. Tous deux représentent désormais la majorité du trafic d’agents observé. À noter cependant que ces milliards de passages ne renvoient presque aucun visiteur réel vers les sites concernés, contrairement à d’autres outils.

Claude a également connu une forte croissance en trafic de référence réel au deuxième trimestre, avec une hausse de 111 %, là où Perplexity ne progresse que de 37 %.

Quant au volume de requêtes de crawl de ChatGPT, il a légèrement reculé sur la période, bien que l’outil concentre à présent entre 80 et 88 % des redirections effectives vers des sites Web parmi tous les outils IA, soit une part en progression de 17 % en trois mois.

Des agents IA qui mettent le search classique sous pression

Si Google multiplie les Core Updates et les ajustements techniques de son algorithme, c’est aussi parce que son modèle économique est directement menacé par cette montée en puissance des agents de recherche IA.

Les chiffres des six premiers mois de 2026 dessinent un rapport de force en pleine bascule, alors même que les données de début d’année restaient à peu près optimistes.

Dans les pays où elles ont été déployées (dont la France depuis le 22 juillet 2026), les AI Overviews se déclenchent aujourd’hui sur environ 48 % des requêtes suivies par les outils spécialisés, soit une hausse de 58 % en un an. Résultat des courses, le taux de clic organique, lui, a chuté de près de 61 % sur les requêtes concernées. Et ça ne fait qu’empirer.

Par ailleurs, l’impact sur le trafic réel des sites est tout aussi préoccupant, puisque le recul ne cesse de se marquer semaine après semaine. Les petits sites auraient d’ailleurs perdu 60 % de leur trafic dû au référencement naturel en deux ans, là où les grands sites semblent un peu mieux survivre (la question est de savoir pour combien de temps).

Lors de sa conférence I/O 2026, la firme américaine a précisé en toute transparence que son AI Mode dépassait désormais le milliard d’utilisateurs mensuels actifs, un mode conversationnel où le taux de recherche sans clic atteint 93 %, contre 83 % pour les AI Overviews classiques.

Face à ces chiffres faramineux, Google a néanmoins décidé de réagir, en annonçant d’ores et déjà cinq modifications de ses AI Overviews et de son AI Mode en mai 2026. L’objectif est explicite, puisqu’il s’agit de renvoyer davantage de trafic vers les sites Web. Autant dire que c’est un aveu implicite du problème que ses propres outils d’intelligence artificielle génèrent pour l’écosystème du Web.

Olivier Duffez, fondateur du site de référence WebRankInfo et consultant SEO depuis plus de vingt ans, résume bien l’enjeu qui attend les sites français : « Avec l’arrivée des AI Overviews et de l’AI Mode en France, être bien classé ne suffira bientôt plus, il faudra être cité dans la réponse générée ». Il rappelle par ailleurs que Google ne traite plus une requête telle quelle, mais qu’il l’éclate en plusieurs sous-requêtes concurrentes avant de rassembler les meilleures sources pour construire sa réponse. Par conséquent, redéfinir complètement la façon de structurer un contenu s’impose plus que jamais, notamment en couvrant toutes les facettes d’un sujet pour espérer être cité.

 

Quelles bonnes pratiques adopter rapidement pour adapter ses contenus ?

Entre les mises à jour de l’algorithme de Google et l’importance toujours plus grande des agents de recherche IA, il est plus que temps d’adopter de bonnes pratiques et d’instaurer des actions prioritaires si ce n’est déjà fait.

Pour commencer, il ne faut pas se précipiter. Google recommande d’attendre au moins une semaine complète après la fin du déploiement d’un Core Update pour analyser les données des outils de suivi, puis de comparer cette semaine avec celle qui a précédé le début dudit déploiement. Toute analyse menée trop tôt sur des données encore en mouvement pourrait conduire à de mauvaises décisions.

Par la suite, si de grosses chutes sont à noter, réalisez un audit de contenu et de qualité. Reprenez les pages en perte de trafic à la lumière des critères EEAT, supprimez ou fusionnez les contenus dupliqués ou de faible valeur ajoutée, enrichissez vos articles avec des données chiffrées, des sources vérifiables et des avis d’experts confirmés, sans oublier de vérifier la fraîcheur des pages clés.

La technique ne doit pas non plus être négligée. Il est impératif de contrôler la vitesse de chargement mobile, toujours déterminante pour l’expérience utilisateur et donc pour le classement. Il faut aussi vérifier l’absence d’erreurs d’exploration ou de pénalités techniques (maillage interne, balises, données structurées), et surtout surveillez les rapports de liens dans la Search Console.

Enfin, vous devez retravailler votre visibilité au-delà du search classique. En effet, vos contenus doivent être optimisés pour être cités dans les réponses générées par les agents de recherche IA, grâce entre autres à une structure claire, à des réponses directes en début de page et à des données sourcées. Dans un autre registre, diversifiez vos canaux d’acquisition de trafic pour réduire votre dépendance au seul search de Google, et suivez votre présence dans les résultats IA (citations et mentions) au même titre que pour vos positions classiques dans Google.


Vous l’aurez compris, le Core Update de mai confirme une tendance de fond, à savoir que Google ajuste son algorithme bien plus souvent qu’auparavant, notamment via des déploiements plus courts à l’impact plus marqué sur le classement des sites. Il faut dire que la firme américaine n’a plus vraiment le choix face aux chiffres de son trafic, puisque le search tel que nous l’avons toujours connu perd du terrain au profit des agents de recherche IA. Google tente donc, non sans mal, de préserver l’équilibre entre la satisfaction des internautes et la survie de tout un écosystème. Une chose est sûre, au lieu d’attendre de voir si le moteur de recherche survivra à cette redéfinition du Web, il faut absolument produire des contenus de qualité, techniquement irréprochables et portés par une réelle expertise, en plus de ne plus dépendre d’un algorithme, mais d’une audience qui reconnaît la valeur d’un contenu, quel que soit le canal qui l’y a mené.

Crédit photo : Aree Sarak