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GEO : quels sont les contenus cités par les IA génératives ?

Rédigé par Guénaëlle Retourné | 1 juin 2026

Le référencement naturel (SEO) a longtemps dicté les règles du jeu de la visibilité en ligne. Mais, aujourd’hui, une nouvelle dimension s’y ajoute : le GEO, ou Generative Engine Optimization, à savoir l’optimisation du contenu pour les moteurs de recherche génératifs.

En effet, les outils alimentés par l’intelligence artificielle, comme ChatGPT, Perplexity ou les AI Overviews de Google, ne fonctionnent pas comme un moteur de recherche classique. Ils ne listent pas des liens, ils synthétisent, reformulent et choisissent leurs sources.

La question qui se pose alors pour tout créateur de contenu est la suivante : qu’est-ce qui pousse une intelligence artificielle générative à citer un contenu plutôt qu’un autre ? Et comment faire partie des sources choisies par l’IA ?

Formats favorisés, erreurs à éviter, actions à mettre en place, etc., voici une réponse concrète et directement actionnable.

Un état des lieux récent sur les citations des IA génératives

L’étude publiée le 23 mars 2026 par Tom Wells, chercheur en GEO chez Wix Studio AI Search Lab, est, à ce jour, l’une des analyses les plus complètes sur le comportement de citation des grands modèles de langage (LLM). Trois plateformes majeures ont été passées au crible : ChatGPT, Perplexity et Google AI Overviews. Et les résultats bousculent plusieurs idées reçues.

Périmètre de l’étude et méthodologie

Cette étude ne se contente pas d’observer les sites qui apparaissent dans les réponses IA. Elle analyse surtout les types de contenus cités, leur format, leur structure et leur nature éditoriale, et ce, afin d’identifier des schémas reproductibles.

Concrètement, des milliers de requêtes ont été soumises aux trois IA génératives, plus d’un million de citations ont été recensées et 75 000 réponses IA ont été analysées. Autant vous dire que cette étude repose sur un vaste ensemble de données.

Et deux hypothèses ont été retenues en guise de conclusion : le type de contenu idéal peut varier selon l’intention de recherche ET le secteur d’activité peut jouer un rôle dans les résultats.

Tom Wells et son équipe ont aussi choisi de faire une segmentation poussée selon les quatre intentions de requête (informationnelle, commerciale, navigationnelle/locale, transactionnelle) et cinq secteurs précis (e-commerce, santé/bien-être, réparation à domicile, services professionnels, SaaS).

Les sources citées par les IA ont ensuite été systématiquement catégorisées.

Les résultats de l’étude : intention, formats les plus cités, préférence des modèles et variations par secteur

Les résultats parlent d’eux-mêmes et démontrent nettement que les IA ne citent pas un contenu au hasard. Sans reprendre toute l’étude, le résultat le plus important est que l’intention de la requête prime sur le reste, y compris sur le type de contenu cité, le secteur d’activité ou le modèle d’IA.

Concernant le sujet qui nous intéresse, à savoir les types de contenu les plus cités, 52 % des citations IA proviennent de trois types de contenu : les listicles (contenus structurés sous forme de liste, comme « les 10 meilleurs… », « les 5 étapes pour… » ou « 15 astuces pour… »), les articles et les pages produits.

Les types de contenus globalement les plus cités :

Source : étude Wix du 23 mars 2026

Attention, comme dit plus haut, les types de contenus les plus performants dépendent de l’intention de recherche.

Les principaux types de contenu cités par intention :

Source : étude Wix du 23 mars 2026

L’étude révèle tout de même que chaque modèle d’intelligence artificielle générative a ses préférences, une information à considérer en fonction de l’origine de votre trafic.

Source : étude Wix du 23 mars 2026

Même si les résultats démontrent que l’intention de recherche est LE facteur déterminant dans le choix des types de contenu préférés des LLM, ils montrent également que les citations varient selon le secteur d’activité.

Secteur Types dominants
E-commerce Listes (20 %), Articles (19,5 %), Pages catégories (16 %) => distribution équilibrée
Santé/bien-être Articles (19,7 %) => la confiance et l’autorité priment
Réparation à domicile Pages produits (18,5 %), Pages catégories (15 %) => distribution uniforme
Services pros Listes (25,2 %) => taux le plus élevé de tous les secteurs
SaaS Listes (35,4 %), Articles (16,3 %)

Quels sont les contenus cités par l’IA générative en pratique  ?

Si nous avons choisi de faire un point assez détaillé sur l’étude de Tom Wells, c’est parce que certaines recommandations opérationnelles en découlent.

Pour une requête informationnelle :
✅ Articles longs, guides pratiques/tutoriels, listes sélectives (listicle)
❌ Pages produits et catégories

Pour une requête commerciale :
✅ Listes comparatives, discussions/avis, pages catégories
❌ Articles longs, pages produits en phase de recherche

Pour une requête navigationnelle/locale :
✅ Pages produits trouvables, hiérarchie claire des catégories
❌ Listes sélectives

Pour une requête transactionnelle :
✅ Pages produits optimisées, pages catégories claires, guides pratiques pour produits complexes
❌ Articles trop longs

En théorie, il suffit donc de bien déterminer l’intention de recherche et de choisir le bon type de contenu et le tour est joué. Mais qu’en est-il en pratique ?

Concrètement, ce n’est pas si simple.

Les LLM (grands modèles de langage) sont entraînés à identifier la substance. Ils « lisent » des millions de sources et apprennent à distinguer ce qui apporte une information réelle de ce qui se contente de paraphraser l’existant.

Autrement dit, un contenu trop générique qui traite d’un sujet en surface, sans apporter de perspective propre, sans données, sans profondeur d’analyse (en bref, sans expertise ni plus-value), a très peu de chances d’être cité par une intelligence artificielle générative.

Bon à savoir : Ce type de contenu n’est pas seulement ignoré par les IA, il est aussi de moins en moins valorisé par Google qui renforce ses critères E-E-A-T (Expérience, Expertise, Autorité, Fiabilité) depuis plusieurs années.

 

Comment maximiser ses chances d’être cité par les IA ?

Si rédiger un contenu adapté à l’intention de recherche est important, cela ne suffit pas comme nous venons de le voir. Aussi, être cité par une intelligence artificielle générative repose sur d’autres bonnes pratiques à connaître.

Les signaux structurels que les IA génératives valorisent

La structure d’un contenu est l’un des premiers éléments analysés par un LLM. Une hiérarchie claire, des titres explicites et une réponse directe dès les premiers paragraphes facilitent la compréhension du contenu par le modèle et augmentent, de fait, sa probabilité d’être cité.

Voici quelques pratiques concrètes à intégrer :

  • répondre à la question principale dès le début et ne pas réserver la réponse à la fin d’un long développement ;
  • utiliser un balisage Hn cohérent (H1, H2, H3), car la hiérarchie aide autant les IA que les utilisateurs humains ;
  • intégrer des formats questions/réponses, puisque les LLM sont entraînés sur ce type de structure, ils la reconnaissent et la valorisent ;
  • sourcer les données, car une affirmation accompagnée d’une source datée et identifiable a plus de poids qu’une assertion non étayée ;
  • soigner la densité sémantique et travailler le champ lexical du sujet de façon naturelle, sans répétition forcée des mots-clés ;
  • rafraîchir vos contenus (pour ceux déjà en ligne, évidemment), car les LLM valorisent les contenus récents et mis à jour.

Autorité et différenciation : les deux leviers du contenu GEO-friendly

Mais la structure des contenus ne suffit pas. Les IA génératives ont aussi une très forte tendance à citer des sources perçues comme fiables et uniques. Deux dimensions entrent alors en jeu : l’autorité thématique et la valeur ajoutée distinctive.

L’autorité thématique se construit dans la durée. Publier régulièrement des contenus cohérents entre eux sur un domaine précis renforce la perception d’expertise, aussi bien pour Google que pour les LLM qui analysent l’ensemble d’un site.

Cette autorité thématique est également renforcée par des signaux externes. Un site régulièrement cité par d’autres sources reconnues, via des backlinks de qualité ou des mentions dans des contenus tiers, envoie un signal de crédibilité que les LLM prennent en compte.

Le maillage interne joue aussi un rôle important, car en connectant vos contenus entre eux de façon cohérente, vous aidez les modèles à comprendre la structure de votre expertise et à identifier les pages les plus représentatives de votre domaine.

Dans un autre article, nous vous parlions également de l’autorité digitale. Or, celle-ci a son rôle à jouer, car elle renforce l’autorité thématique.

Ce qu’il faut comprendre ici, c’est que les citations IA ne se jouent pas uniquement à l’échelle d’un contenu isolé. C’est la cohérence et la crédibilité globales d’un site qui construisent l’autorité que les LLM reconnaissent.

De son côté, la valeur ajoutée distinctive se crée à chaque contenu avec :

  • un point de vue argumenté ;
  • une donnée exclusive ;
  • un retour d’expérience concret ;
  • une analyse qui va au-delà de ce qui existe déjà ;
  • un angle différenciant ;
  • un contenu pratico-pratique directement applicable et pas seulement un contenu informatif qui n’aide pas à y voir plus clair.

Bref, c’est le petit « truc » qui fait toute la différence avec tout ce que vous pouvez trouver en ligne. Et c’est précisément ce qu’un contenu générique ne peut pas offrir et ce que les IA génératives savent identifier.

Bonus : la checklist d’un contenu qui mérite d’être cité par l’IA

Avant de publier vos contenus, certains points méritent d’être vérifiés. Voici donc une checklist qui synthétise tout ce qui précède pour vous permettre d’évaluer vos contenus avant publication (ou d’auditer vos contenus existants).

> Intention et positionnement

☐ L’intention de recherche principale est clairement identifiée (informationnelle, commerciale, navigationnelle, transactionnelle).

☐ Le type de contenu choisi correspond à cette intention (article long pour l’informationnel, listicle pour le commercial, etc.).

☐ Le sujet est suffisamment ciblé (ni trop large, ni trop vague).

☐ Le contenu cible une audience précise, autrement dit pas « tout le monde ».


> Structure et balisage

☐ Le H1 contient le mot-clé principal et annonce clairement le sujet.

☐ La réponse principale est formulée dans les deux premiers paragraphes.

☐ La hiérarchie H1 > H2 > H3 est logique et cohérente.

☐ Chaque H2/H3 est explicite : on comprend le contenu de la section rien qu’en lisant le titre.

☐ Le contenu intègre au moins un format questions/réponses.

☐ Les listes à puces ou numérotées sont utilisées là où elles facilitent la compréhension (sans en abuser).


> Qualité et substance

☐ Chaque affirmation importante est sourcée (source datée et identifiable).

☐ Le contenu apporte au moins un élément qu’on ne trouve pas facilement ailleurs (donnée exclusive, angle original, retour d’expérience, analyse approfondie).

☐ Le contenu va au-delà du simple « c’est important » pour expliquer le « comment » et le « pourquoi ».

☐ Le contenu ne paraphrase pas simplement ce qui existe déjà en ligne.

☐ Le contenu est directement actionnable et les utilisateurs savent quoi faire après l’avoir lu.


> Autorité et crédibilité

☐ L’auteur ou la marque est identifiable et crédible sur ce sujet.

☐ Le contenu s’inscrit dans une cohérence thématique avec les autres contenus du site.

☐ Les données chiffrées citées sont récentes (moins de deux ans, sauf exception justifiée).

☐ Les sources externes citées sont fiables et reconnues (études, sites officiels, experts identifiés).


> Champ sémantique et lisibilité

☐ Le vocabulaire du domaine est présent naturellement (sans bourrage de mots-clés).

☐ Les termes techniques sont expliqués ou définis à leur première apparition.

☐ Les anglicismes inévitables sont traduits ou explicités.

☐ Les phrases sont courtes et les paragraphes aérés.

☐ La lecture est fluide sans effort excessif de compréhension.


> Test final (subjectif, mais décisif)

☐ Liriez-vous ce contenu jusqu’au bout ?

☐ Est-ce que le contenu vous serait utile ?

☐ Auriez-vous envie de partager le contenu ou de le citer (pour de vrai !) ?

GEO et SEO : deux logiques qui se renforcent

Optimiser vos contenus pour les IA génératives ne signifie pas que vous devez repartir de zéro. Le SEO reste la base du GEO. Et contrairement à ce que l’on peut lire ici et là, non, le SEO n’est pas mort. Les fondamentaux ne changent pas.

Un contenu bien structuré, qui répond précisément à une intention de recherche, assez riche sur le plan sémantique, et rédigé avec expertise et crédibilité reste la base d’un bon SEO/GEO. Un tel contenu performe d’ailleurs aussi bien dans les SERP classiques (pages de résultats de recherche) que dans les réponses générées par l’IA.

La vraie différence tient plutôt dans le niveau d’exigence.

Une intelligence artificielle générative analyse le contenu de manière bien plus fine qu’un crawler traditionnel. Là où un contenu SEO « correct » pouvait encore s’en sortir, le GEO exige plus, et notamment sur le fond. Les LLM analysent davantage la cohérence, la densité informationnelle et la fiabilité perçue. C’est un standard plus exigeant.

Autrement dit, si vos contenus sont qualitatifs, dans le sens où ils respectent tout ce que nous avons mentionné ici (et qui, au risque de nous répéter, relève du « bon » SEO), vous n’avez pas de soucis à vous faire, car les grands perdants de cette mutation sont surtout les mauvais contenus.


Ce qu’il faut retenir, c’est que l’essor de l’intelligence artificielle générative ne change pas les règles du jeu. Il en révèle seulement les failles ! Les contenus produits à la va-vite, sans intention claire ni réelle valeur ajoutée avaient déjà du mal à performer en SEO. Or, avec le GEO, ils disparaissent tout simplement. La vraie question que chaque marque doit se poser n’est donc pas de savoir comment optimiser ses contenus pour l’intelligence artificielle générative, mais plutôt de déterminer si son contenu mérite d’être cité. Plus concrètement : est-ce que vous liriez votre propre contenu ? Et si c’est le cas, est-ce qu’il vous serait utile ?

Tout cela n’est qu’un changement de posture et de méthode. Et c’est une très bonne nouvelle, puisque la qualité prime (enfin !) réellement.

Crédit photo : Jutharat Pinpan