La refonte d’un site Web est un projet de longue haleine, qui nécessite une coordination étroite entre stratégie, design, technique et toute une myriade d’expertises connexes (SEO, accessibilité, RGPD, éditorial, etc.). Autrement dit, de nombreux métiers doivent avancer ensemble, dans la même direction, et avec des objectifs clairs. Et sans méthode, le risque est grand, entre l’explosion des délais, la perte de performances, la chute du SEO ou la frustration des équipes.
Pour aller plus loin, vous trouverez ici un aperçu rapide de 27 bonnes pratiques destinées à maximiser votre impact, de la vision de départ à l’optimisation continue du dispositif mis en ligne. Évidemment, ces conseils sont largement issus de nos centaines de projet et dizaines d’années d’expérience.
La refonte d’un site ne doit pas être lancée parce que le nouveau directeur de la communication ne le trouve pas assez à son goût. Absolument pas. Un tel projet ne doit être lancé que parce que le précédent ne répond pas (assez) aux enjeux métiers et business.
Sans surprise, les objectifs digitaux doivent être alignés avec les enjeux de l’organisation (génération de leads, notoriété, marque employeur, etc.), ce qui implique la définition d’un nombre restreint d’indicateurs de performance (restreint on vous dit… trop de KPI tue le KPI) pour à la fois aligner tout le monde et mesurer le avant/après (et notamment pour répondre à Patrick, dans la boîte depuis 24 ans, qui dit que la refonte est moins bien que l’ancien site parce qu’il ne retrouve plus ses petits).
Et, cela va de soi, ces indicateurs doivent être SMART.
Une refonte n’est pas un projet purement technique ou graphique. C’est avant tout un projet qui rassemble des humains avec, parfois, des différences de point de vue, et c’est aussi un projet produit. Or, comme tout projet produit, il doit avoir un pilote clairement identifié, capable d’arbitrer, de prioriser et de trancher.
Sans gouvernance claire, les décisions s’empilent, les allers-retours se multiplient et les délais explosent. Alors, pour éviter cela, identifiez dès le départ qui porte la vision, qui décide en cas de désaccord et selon quels critères (valeur métier, impact utilisateur, contraintes techniques).
Avant de construire le nouveau site, il faut comprendre les forces et faiblesses de l’ancien, à minima sur trois piliers : la technique, le contenu et la notoriété. L’audit sert donc de « point zéro » pour valider vos progrès.
Chez Adimeo, nous allons même un peu plus loin, puisque nous avons conçu la WebOptima Matrix, composé de 6 grands indicateurs, eux-mêmes décomposés en 78 points d’analyse.
Ahhh… celui-là, c’est mon préféré.
Connaissez-vous vraiment vos cibles ? Et ce qu’elles attendent ? Ou est-ce que vous connaissez d’eux ce que vous projetez chez eux ? Parce que je vous mets au défi de connaître les réelles frustrations qui se cachent derrière leur visite.
À ce titre, ne lancez pas une refonte sans avoir questionné vos visiteurs, et pas seulement ceux qui vous connaissent. Il s’agit au contraire de surtout s’adresser à ceux qui ne vous connaissent pas.
Comment vous perçoivent-ils avec le « test des 5 secondes » ? Qu’attendent-ils de leurs visites ?
Confirmez ou infirmez vos intuitions avec des personas, de la recherche utilisateur, des entretiens, des focus group, etc.
Le plus grand danger d’une refonte est le syndrome du « tant qu’on y est ». Une fonctionnalité en appelle une autre, puis une autre, jusqu’à faire exploser le périmètre initial.
Dès le cadrage, définissez clairement ce qui relève du socle indispensable (MVP), de l’optionnel et du hors-scope. Et assumez-le. Une refonte réussie est souvent une refonte qui a su dire non.
Le choix du bon outil technique est parfois un faux problème. On veut du WordPress parce que c’est simple. On veut du Drupal parce que c’est plus adapté pour les « gros » sites (quoique…). On veut du Sylius parce qu’on en a soupé avec du Prestashop.
S’il est évident que le choix du CMS doit dépendre de plein de facteurs, il ne faut pas en faire un combat. Un bon CMS, c’est avant tout un outil maîtrisé par les équipes techniques, avec une communauté suffisamment importante, et qu’on ne tord pas trop pour répondre à vos besoins.
Toute refonte comporte des risques, entre la perte du SEO, la migration de contenus souvent sous-estimée, les dépendances à des outils tiers, le manque de ressources internes, ou les délais de validation trop longs.
Les ignorer ne les fait pas disparaître. C’est pourquoi il est essentiel d’identifier les principaux risques dès le début et de prévoir des plans de mitigation.
Une refonte ne se limite pas à son coût de conception et de développement. Hébergement, maintenance, sécurité, évolutions ou mises à jour techniques, le coût réel se joue sur plusieurs années.
Raisonner en coût de possession (TCO) permet de faire des choix techniques plus éclairés et d’éviter les mauvaises surprises après la mise en ligne.
À l’ère de l’intelligence artificielle et de l’infobésité, c’est plus que tout la qualité de votre contenu qui fera la différence. Comment écrivez-vous ? À qui parlez-vous ? Quelles sont la pertinence et l’utilité des infos partagées ? Si vous voulez continuer à exister comme média et ne pas être remplacé par des navigateurs comme Atlas, votre contenu doit être votre priorité, encore plus que l’ergonomie, le design ou la qualité technique.
Aussi, concentrez-vous sur votre charte, votre ton, votre exigence de pertinence et d’excellence pour construire une marque d’autorité qui sera irremplaçable. Cela demande évidemment du temps, de la rigueur et une certaine qualité d’écriture.
Si vous avez bien fait le point 3, vous savez ce que vos utilisateurs attendent. Pour autant, il vous faut mettre en scène les composants fonctionnels et les gabarits. Aussi, il est très important de travailler l’arborescence, les parcours et les wireframes (chez Adimeo, nous les appelons les « maquettes moches »).
C’est non seulement utile pour vos utilisateurs, mais aussi pour les bots (qui sont désormais bien plus nombreux que les humains à parcourir votre site).
Pour garantir la cohérence visuelle sur le long terme et accélérer les développements futurs, il est recommandé de créer un Design System (ou une bibliothèque de composants). Cela vous évitera de réinventer la roue à chaque nouvelle page.
Le site doit d’abord être conçu pour le smartphone, à savoir là où le contexte d’sage est le plus exigeant. C’est bon pour le SEO, c’est bon pour l’efficacité de lecture (nous sommes devenus flemmards), et c’est aussi bon pour la performance d’affichage. En bref, c’est vertueux (même s’il est vrai que valider un design juste sur un smartphone, c’est moins « whaouh »).
Dans cette même démarche vertueuse, l’éco-conception vient nourrir vos enjeux RSE, améliorer les temps d’affichage et vous permettre d’aller à l’essentiel. Et retenez bien qu’une fonctionnalité éco-conçue est une fonctionnalité qui n’existe pas ! :)
Sans aller jusque là, questionnez toujours la pertinence d’un bouton, d’une page ou d’une image. A qui faites-vous plaisir en la publiant ?
Ensuite, évidemment, optimisez les performances du code et de l’hébergement.
Quand on appuie sur le bouton final de mise en ligne dans une refonte, c’est LE sujet sur lequel on retient son souffle. Risquez-vous de détruire des années d’un SEO patiemment construit à longueur de contenus, d’urls, d’autorité, etc. ?
Sur ce sujet, vous ne devez pas vous louper. Évidemment, l’audit SEO du début va vous y aider. Évidemment aussi, une bonne arborescence, une bonne technique et un bon contenu, ça aide.
Mais surtout, pensez que chaque page doit répondre à une intention de recherche précise, identifiée par une étude de mots-clés rigoureuse.
En bref, faites-vous accompagner par des experts qui sauront préparer et surtout suivre l’après-bascule pour corriger les erreurs qui arriveront forcément.
Tout particulièrement depuis le 25 juin 2025, beaucoup de sites ont une obligation d’accessibilité. Et, même pour ceux qui n’en ont pas l’obligation, c’est un point important. En effet, on considère que près de 15 % de la population française est concernée par des difficultés d’accessibilité (et pas uniquement liées à un handicap visuel).
Dès les prototypes et les maquettes, faites-vous encore une fois aider par un expert, qui pourra vous accompagner tout au long de la refonte pour faciliter l’audit final.
La question n’est pas de savoir si vous allez vous faire attaquer, mais quand…
Tous les sites se font hacker. Même les plus grands éditeurs connaissent des failles aussitôt exploitées à des fins malveillantes.
La sécurité de votre site doit donc être une priorité. Cela se travaille lors de la refonte, mais aussi et surtout dans le cadre de votre maintenance préventive et corrective.
Le RGPD est l’une des plus grandes avancées de l’Europe en termes de confidentialité et de protection des données personnelles. Merci à la CNIL aussi d’être aussi présente.
Pour autant, cela impose un grand nombre d’obligations aux éditeurs, parfois contraignantes. Aussi, veillez à bien gérer les cookies, les consentements, le registre des traitements, etc.
Un site efficace ne peut pas vivre en vase clos. Il doit « parler » à vos outils métiers (Salesforce, HubSpot, Microsoft Dynamics, ERP, etc.). En ce sens, l’automatisation des flux de données vous fait gagner un temps précieux.
Il y a quelques années, Amazon comptabilisait qu’un dixième de retard d’affichage lui coûtait des millions de dollars. Sans aller jusque là, la performance d’affichage est capitale pour la satisfaction de l’utilisateur et influence directement votre performance SEO. Eh oui ! Google mesure désormais l’expérience via les Core Web Vitals : LCP (chargement), FID (interactivité) et CLS (stabilité visuelle).
C’est LA raison du retard d’un projet de refonte. On sous-estime trop le nombre de pages à reprendre manuellement, en pensant que l’on pourra se contenter d’une reprise automatique. Et on n’anticipe pas non plus les délais de validation des métiers…
Migrer les contenus est un vrai projet dans le projet. Il vous faut faire l’audit de l’existant, identifier ce qu’il faut garder, réécrire, supprimer, ranger (soyez la Marie Kondo du site Web) et… s'y tenir.
Préparez aussi la manière dont vos pages s’affichent lorsqu’elles sont partagées sur LinkedIn, Facebook ou X. Des balises Open Graph bien configurées augmenteront par exemple le taux de clic social.
Le CRO consiste à analyser le comportement pour optimiser les zones cliquées. Vos CTA doivent donc être incitatifs et clairement identifiables.
C’est le filet de sécurité indispensable. Chaque ancienne URL doit être redirigée vers sa version équivalente sur le nouveau site pour conserver votre autorité SEO.
La recette du test avant lancement doit suivre une stratégie précise : faire un cahier de test, le tester sur plein de supports différents, itérer longuement pour résoudre toutes les anomalies majeures et critiques, etc.
C’est long, fastidieux, mais indispensable.
Pour savoir si votre refonte est un succès, vous devez disposer de données fiables via GA4 ou Matomo afin de mesurer les interactions réelles.
La pérennité du site dépend de l’appropriation par les équipes. Prévoir des formations au back-office et une gouvernance claire est capital.
Enfin, last but not least. Votre site doit être conçu comme un projet en bêta permanente. Dès la mise en ligne, anticipez le budget pour les évolutions que vous souhaiteriez faire, et préparez votre feuille de route post-lancement.
Par ailleurs, la démarche de Growth Driven Design permet de faire évoluer le site en fonction des retours réels des utilisateurs.
Au final, une refonte réussie n’est ni un sprint graphique ni un pari technologique. C’est un projet savamment réfléchi, à la fois nourri par les retours des utilisateurs, une rigueur méthodologique et un solide suivi dans le temps. Si vous appliquez à la lettre toutes ces bonnes pratiques, vous sécuriserez non seulement vos performances, mais vous limiterez aussi les risques et vous créerez un site capable d’évoluer avec vos enjeux. Alors, prenez donc le temps de cadrer, de mesurer et d’ajuster !
Crédit photo : jacoblund